MICI : Quelle place pour la nutrition dans l'accompagnement des patients ?

Retour sur le Salon des MICI : mieux comprendre la maladie pour mieux accompagner au quotidien.
J’ai récemment eu l’occasion d’assister au Salon des MICI, consacré aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), notamment à la maladie de Crohn et à la rectocolite hémorragique (RCH).
Ce temps d’information et d’échanges m’a permis de rappeler l’importance d’une prise en charge globale de ces maladies, qui peuvent avoir des répercussions bien au-delà du système digestif.
Les MICI, des maladies qui impactent le quotidien
La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique sont des maladies inflammatoires chroniques qui évoluent généralement par périodes de poussées et de rémission.
Douleurs abdominales, diarrhées, fatigue, perte d’appétit, perte de poids… Les symptômes peuvent être variables d’une personne à l’autre et avoir des conséquences importantes sur la qualité de vie.
Au-delà des symptômes digestifs, ces maladies peuvent également entraîner des carences nutritionnelles, une dénutrition ou des difficultés à s’alimenter sereinement.
La peur de déclencher des symptômes peut parfois conduire à supprimer de nombreux aliments, jusqu’à rendre l’alimentation source d’inquiétude plutôt que de plaisir.
Pourquoi la nutrition a-t-elle toute sa place dans les MICI ?
L’alimentation ne guérit pas une MICI et ne remplace pas les traitements prescrits par le gastro-entérologue. En revanche, elle constitue un élément important de l’accompagnement.
Mon rôle de diététicienne est notamment de vous aider à :
Prévenir les carences nutritionnelles, en veillant aux apports en énergie, en protéines, en fer, en vitamine B12, en vitamine D et en autres nutriments selon vos besoins.
Maintenir un état nutritionnel satisfaisant, notamment lorsque la fatigue, les douleurs ou le manque d’appétit rendent les repas difficiles.
Adapter l’alimentation aux symptômes digestifs, en tenant compte de votre tolérance individuelle et de l’évolution de la maladie.
Éviter les restrictions alimentaires inutiles, qui peuvent fragiliser l’équilibre nutritionnel.
Retrouver davantage de sérénité face à l’assiette, avec une alimentation adaptée à votre quotidien, vos habitudes et vos envies.
Il n’existe pas de régime universel adapté à toutes les personnes atteintes de MICI. Les conseils doivent être individualisés en fonction de la maladie, de son activité, des éventuelles complications et des besoins de chacun.
Être accompagné, plutôt que multiplier les interdits
Lorsqu’on vit avec une MICI, il est parfois difficile de savoir quoi manger. Les informations contradictoires, les conseils trouvés sur Internet et les expériences d’autres patients peuvent renforcer les doutes.
Pourtant, supprimer toujours plus d’aliments n’est pas nécessairement la solution.
Un accompagnement diététique permet de faire le point sur vos apports, de rechercher d’éventuelles carences et de réfléchir à des adaptations ciblées, sans perdre de vue le plaisir de manger et la convivialité des repas.
La nutrition doit s’intégrer à une prise en charge coordonnée avec les professionnels de santé qui vous suivent.

Salon du MICI, 10 octobre 2026
Je tiens à adresser mes sincères remerciements à l’afa Crohn RCH France, sa présidente Corinne Devos, ainsi qu’à l’ensemble des salariés et bénévoles pour l’organisation de cette journée riche en échanges, en informations et en enseignements.
Je remercie également chaleureusement les professeurs Yoram Bouhnik, Mathurin Fumery, Xavier Treton et David Laharie, experts des MICI, pour la qualité de leurs interventions et le partage de leurs connaissances, ainsi que Agathe-Laure Salgon, psychologue, pour son éclairage sur les enjeux psychologiques et la résilience dans le parcours des patients.
Ces interventions rappellent combien une meilleure compréhension des MICI nécessite une approche globale, qui associe les dimensions médicales, nutritionnelles et psychologiques, tout en plaçant le patient au cœur de l’accompagnement.
Merci à toute l’équipe de l’afa et aux intervenants pour leur engagement en faveur des personnes vivant avec une MICI et de leurs proches.
Tout au long des conférences, Marine Dunier Acovao a réalisé de magnifiques illustrations en direct, retranscrivant avec talent les échanges et les idées partagées.
Poursuivre cette démarche avec l’AFA
Ce salon renforce ma conviction : les personnes atteintes de MICI doivent pouvoir bénéficier d’une information fiable et d’un accompagnement nutritionnel adapté.
Je souhaite poursuivre mon engagement dans ce domaine et envisage notamment de développer une collaboration avec l’AFA Crohn RCH France, association qui informe, accompagne et soutient les personnes concernées par les MICI.
Mieux informer, mieux accompagner et aider chacun à retrouver confiance dans son alimentation : c’est le rôle du diététicien.



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