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Voyage culinaire en Corse


La cuisine corse : une cuisine généreuse qui a toute sa place dans une alimentation équilibrée.


La Corse, ça se découvre aussi dans l’assiette…

Imaginez… Vous poussez la porte d’une ferme-auberge corse.

D’abord, une soupe généreuse, parfumée aux herbes. Puis les cannellonis au brocciu, tellement énormes qu’on se demande si on arrivera au bout… Puis arrive le cabri rôti parfumé à la sauge et à l’origan.

Et ce n’est pas fini ! Quelques morceaux de fromage de chèvre ou de brebis accompagnés d’une petite touche de confiture de figues, puis un dessert à la châtaigne… Le tout accompagné de ces saveurs qui rappellent immédiatement le maquis, les montagnes et les produits de l’île.

La Corse c'est une cuisine généreuse, familiale et profondément liée à son terroir.

Derrière les recettes corses, il y a donc bien plus que des aliments. Il y a des producteurs, des familles, des traditions et tout un savoir-faire transmis au fil des générations.

En tant que diététicienne, j’avais envie de vous emmener à la découverte de cette cuisine.

Car manger équilibré, c’est aussi savoir profiter d’un bon repas, découvrir les produits d’un terroir et partager un moment convivial.


La charcuterie, viandes et gibiers corse : mieux vaut en manger moins, mais de bonne qualité


Impossible de parler de gastronomie corse sans évoquer sa célèbre charcuterie.

Le prisuttu, la coppa, le lonzu ou encore le figatellu sont des produits emblématiques du patrimoine insulaire.

Cependant, toutes les charcuteries corses ne se valent pas.


Comment reconnaître une vraie charcuterie corse ?

C'est justement pour protéger ce savoir-faire que la race porcine corse a été officiellement reconnue et que trois produits emblématiques bénéficient aujourd'hui d'une AOP : le prisuttu, la coppa et le lonzu.

L'AOP permet de garantir une origine et un savoir-faire précis. À l'inverse, une IGP « Île de Beauté » ne signifie pas forcément que la viande utilisée provient de porcs élevés en Corse. Le produit peut être fabriqué sur l'île à partir de viande provenant d'ailleurs.

C'est donc une information importante à connaître lorsque l'on souhaite acheter une charcuterie issue du terroir corse.

Les trois grandes spécialités AOP

Le prisuttu est un jambon sec traditionnel. Salé puis séché et affiné pendant plusieurs mois. Il peut être dégusté simplement en fines tranches, pour profiter pleinement de sa saveur.

La coppa est préparée à partir de l'échine de porc. Elle est salée, poivrée puis séchée dans un boyau naturel. Lorsqu'on la coupe, on découvre un veinage de gras qui lui donne toute sa saveur.

Le lonzu est préparé à partir du filet de porc, auquel on laisse une partie de sa couverture de gras. Il est ensuite salé, séché puis affiné.


Le figatellu ne bénéficie pas de l'AOP.

Le figatellu est une saucisse préparée principalement à partir de foie de porc et traditionnellement consommée grillée.

Il s'agit également d'un produit saisonnier, qui doit être consommé rapidement après sa fabrication ou conservé dans de bonnes conditions.

Les fameux cochons « sauvages »

Si vous avez déjà parcouru les petites routes corses, vous avez peut-être croisé des cochons en liberté au bord des routes ou dans les montagnes. On les appelle souvent « cochons sauvages », mais ils ne le sont pas vraiment ! Ils ont bien un propriétaire, même si celui-ci les laisse vivre en plein air sur de grands espaces.

Parmi eux, on trouve notamment le porc Nustrale, une race porcine typiquement corse. Rustique et de petit gabarit. Issus d'un élevage traditionnel, ils vivent en plein air pendant plus d'un an, parcourent les châtaigneraies, les forêts de chênes et le maquis, où ils se nourrissent notamment de glands et de châtaignes.

Cette alimentation naturelle et leur croissance lente donnent une viande particulièrement persillée et parfumée.


Le veau corse

Vous croiserez également régulièrement la mention de « veau corse » sur les cartes des restaurants.

La Corse possède en effet sa propre race bovine : une vache rustique, de petit gabarit, particulièrement adaptée au relief et au climat de l'île.

Son rendement en viande étant relativement faible, elle est malheureusement de moins en moins présente dans les élevages, au profit de races plus productives.

C'est pourtant aussi cela, la richesse d'un terroir : préserver des races locales, des modes d'élevage adaptés à leur environnement et des produits qui racontent une histoire.


Viandes et gibier 

Cabri rôti, agneau, sanglier en daube, veau corse…

Ces plats font partie des grandes spécialités de l'île. Ils sont souvent accompagnés de pulenta, préparée avec de la farine de châtaigne, ou de pâtes.


Le point de vue de votre diététicienne

Ces produits restent des charcuteries. Ils sont riches en protéines mais également en sel et en graisses. Leur qualité gustative invite finalement à les consommer autrement : moins souvent, mais en petites quantités, afin de privilégier le plaisir et la qualité plutôt que la quantité.

Petit rappel également : le figatellu doit toujours être bien cuit. Consommé cru, il peut exceptionnellement transmettre le virus de l'hépatite E.

La farine de châtaigne est une spécialité remarquable. Naturellement sans gluten, elle apporte des glucides complexes, des fibres et une saveur légèrement sucrée qui fait toute son originalité.


Les poissons : une autre richesse de la Corse


Sur le littoral, les poissons et les fruits de mer occupent une place importante : Bars, rougets, sardines, daurades, dentis, mostelles ou aziminu (la bouillabaisse corse).

Les huîtres et les moules élevées dans les étangs de Diane et d'Urbino sont également réputées.

Comme toujours, la fraîcheur reste un critère essentiel : privilégier les établissements travaillant avec des pêcheurs locaux est souvent un gage de qualité.


Le point de vue de votre diététicienne 

Les poissons sont une excellente source de protéines et certains apportent aussi des oméga-3, intéressants pour la santé cardiovasculaire.


La soupe corse : un plat complet

La soupe corse traditionnelle est loin d'être une simple entrée légère.

Préparée avec de gros haricots blancs, des légumes, des herbes aromatiques et parfois quelques morceaux de viande, elle constitue un plat particulièrement complet.

C'est un parfait exemple de cuisine familiale nourrissante où les légumineuses occupent une place centrale.


Le point de vue de votre diététicienne

Les légumes apportent vitamines, minéraux et fibres, les haricots fournissent des glucides complexes, des protéines végétales et des fibres favorisant la satiété.


Le brocciu : la star de la cuisine corse

Le brocciu est probablement le produit le plus emblématique de l'île.

Contrairement à ce que l'on pense souvent, il ne s'agit pas réellement d'un fromage, mais d'un fromage frais obtenu à partir du lactosérum de brebis ou de chèvre auquel est ajouté un peu de lait entier.

Sa texture onctueuse et sa douceur permettent de l'utiliser aussi bien dans des plats salés que sucrés : raviolis, cannellonis, omelettes, tartes, fiadone ou encore simplement dégusté frais.

Sa production est saisonnière, principalement de novembre à juin. En plein été, le véritable brocciu AOP laisse généralement place à la brousse, élaborée à partir de laits provenant du continent.


Le point de vue de votre diététicienne

Comparé à de nombreux fromages affinés, le brocciu est souvent moins salé et sa texture fraîche en fait un ingrédient intéressant dans une alimentation variée.


Les fromages : un patrimoine exceptionnel

Les fromages de chèvre et de brebis font eux aussi partie de l'identité corse. La brebis corse produit peu de lait mais un lait particulièrement riche, donnant naissance à des fromages de caractère, dont la saveur évolue au fil de l'affinage.

Accompagnés d'un fruit frais ou d'une petite cuillère de confiture de figues, ils constituent une belle façon de terminer un repas traditionnel.

Le point de vue de votre diététicienne

Les fromages sont riches en protéines et en calcium, mais aussi en matières grasses et en sel. Là encore, tout est une question de quantité.

Personnellement, je préfère déguster un bon morceau de fromage fermier de temps en temps plutôt qu'un fromage industriel consommé tous les jours.



Des desserts simples et gourmands

En Corse, le repas se termine souvent par un fruit.

Clémentines, oranges, figues de Barbarie… les fruits locaux sont excellents.

Les pâtisseries restent bien sûr incontournables : canistrelli, fritelli, fiadone, pastizzu ou encore gâteaux à la farine de châtaigne.


Le point de vue de votre diététicienne

Comme je le dis souvent à mes patients : aucun aliment n'est interdit. Ce qui compte, c'est la fréquence, les quantités et surtout le plaisir. Un dessert traditionnel dégusté occasionnellement dans son contexte culturel n'a rien d'incompatible avec une alimentation équilibrée.


Huile d'olive, miel et clémentines : les trésors de l'île

La Corse possède une biodiversité exceptionnelle qui se retrouve dans ses productions agricoles.

Le miel corse AOP offre des saveurs très différentes selon les floraisons : maquis de printemps, châtaigneraie, maquis d'été ou encore arbousier.

L'huile d'olive AOP est obtenue à partir de variétés locales récoltées à maturité. Riche en acides gras mono-insaturés et en polyphénols, elle constitue l'une des matières grasses de référence du modèle alimentaire méditerranéen.

La clémentine corse, reconnaissable à sa feuille encore attachée lors de la commercialisation, est naturellement riche en vitamine C.

Les herbes aromatiques : le vrai secret des recettes corses

S'il y a bien un ingrédient que l'on retrouve partout en Corse, ce sont les herbes aromatiques.

Origan, marjolaine, menthe, thym, sauge… Elles donnent beaucoup de goût aux plats et permettent de cuisiner simplement, sans avoir besoin d'ajouter beaucoup de sel.


Le point de vue de votre diététicienne

En plus d'apporter des saveurs, elles sont naturellement riches en composés antioxydants. Une bonne raison d'en mettre davantage dans notre cuisine au quotidien.


Ce que j'aime dans la cuisine corse

Ce que je retiens surtout de la cuisine corse, ce n'est pas seulement la qualité des produits.

C'est une cuisine où l'on privilégie les produits locaux, les recettes maison, les repas partagés et le plaisir de manger ensemble.

Finalement, c'est exactement la vision que je défends en consultation.

Manger équilibré, ce n'est pas manger parfaitement. C'est cuisiner autant que possible avec des produits simples, prendre plaisir à manger, écouter sa faim et savourer un bon repas sans culpabiliser.

Et la cuisine corse en est un très bel exemple.




 
 
 

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